Crédit d’impôt Ehpad supprimé : nouveau coup de massue pour les familles, la mesure disparaît encore du budget 2026

Finance

La suppression pour la quatrième année consécutive du crédit d’impôt Ehpad laisse un goût amer aux familles qui comptaient dessus pour alléger leur facture. Alors que la mesure devait convertir la réduction d’impôt actuelle en un véritable remboursement pour les ménages non imposables dès 2026, elle disparaît encore au stade final du vote du budget.

Un soulagement fiscal attendu… mais toujours repoussé

En commission, l’idée avait été saluée : transformer la simple réduction d’impôt applicable aux frais d’hébergement en un crédit remboursable, permettant aux quelque 47 % de foyers non imposables de bénéficier enfin d’une aide directe. On évoquait jusqu’à 2 500 € d’économie annuelle pour les proches aidants ou pour les retraités résidant en établissement.
Pour beaucoup, cet argent devait servir à :

  • Compenser le reste à charge mensuel, qui s’élève en moyenne à 2 200 € dans les Ehpad publics et peut dépasser 3 000 € dans le privé.
  • Financer des prestations complémentaires : kinésithérapie, orthophonie ou encore adaptation du logement familial lors des retours temporaires.

Les raisons d’un énième abandon

Du côté de l’exécutif, on invoque un motif budgétaire. Selon les estimations de la direction des finances publiques, élargir la mesure aurait représenté près de 300 millions d’euros de recettes en moins chaque année. « Nous devons garantir la soutenabilité de notre modèle social », a rappelé la ministre chargée des Comptes publics lors des débats d’octobre.
Cependant, pour les associations d’aidants, ce calcul oublie l’impact positif à long terme : un soutien financier limite le recours aux urgences, retarde l’épuisement des proches et donc coûte in fine moins cher à la collectivité.

Conséquences concrètes pour les familles modestes

Aujourd’hui, une personne hébergée en Ehpad coûte en moyenne 2 100 € par mois à sa famille après aides sociales. Sans crédit d’impôt :

  • Un couple de retraités aux pensions modestes doit parfois puiser dans son épargne, voire vendre un bien immobilier.
  • Nombre d’enfants aidants—déjà confrontés aux frais de scolarité ou de logement—reportent des projets, s’endettent ou réduisent leur temps de travail.

À Nantes, une aidante témoigne : « Chaque mois, il reste 700 € à régler pour ma mère. Le crédit d’impôt aurait couvert près de la moitié. C’est un coup de massue de plus. »

Un cycle de promesses et de désillusions

Depuis 2022, le scénario se répète : le dispositif est adopté en commission, suscite l’espoir, puis disparaît lors de l’utilisation de l’article 49.3. À force de reports, la confiance s’effrite. Une récente enquête d’une association de familles révèle que 62 % des aidants envisagent désormais de retarder l’entrée en Ehpad faute de soutien financier clair.
Cette situation crée une tension supplémentaire sur l’ensemble du système : les services à domicile, déjà saturés, voient affluer des demandes ; les hôpitaux enregistrent davantage d’admissions d’urgence liées aux troubles cognitifs non pris en charge.

Quelles perspectives pour 2027 ?

Le gouvernement assure qu’une réflexion globale sur la dépendance sera relancée lors du prochain projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Mais, pour de nombreuses familles, l’échéance de 2027 apparaît lointaine au regard des dépenses immédiates.
En attendant, les aidants devront continuer à jongler entre allocations logement, aides départementales et recours aux assurances dépendance, sans l’appui du crédit d’impôt Ehpad tant attendu. Certains experts suggèrent de créer un fonds pérenne dédié à la perte d’autonomie, garanti par la solidarité nationale, pour mettre fin à ces revirements budgétaires successifs.

Le débat est loin d’être clos, mais une chose est sûre : la suppression récurrente du crédit d’impôt fragilise un peu plus chaque année ceux qui prennent soin de nos aînés.

Laisser un commentaire