Les start-ups françaises face à la fin des financements abondants

Entreprise

Le cycle actuel de contraction des investissements, qui dure depuis près de deux ans, a provoqué une chute importante des fonds levés par les startups françaises ayant au maximum 10 ans d’existence. Sur les douze derniers mois, la French Tech n’a réussi à lever qu’un peu plus de 8 milliards d’euros, soit une baisse de plus de 36% par rapport à l’année précédente. Ce chiffre témoigne du ralentissement du développement de certaines pépites de la French Tech et des nouveaux défis auxquels elles doivent faire face aujourd’hui.

Un essor limité des licornes françaises en 2023

Ceux qui ont suivi l’actualité des levées de fonds de la French Tech sur Pôle Sociétés ont pu le constater : l’année 2022 avait été une année record pour la French Tech, mais cet optimisme semble s’estomper, notamment dans la course aux licornes. Et si le secteur de la Deeptech avait suscité quelques espoirs en septembre quant à la capacité de l’écosystème à rattraper son retard, la suite de l’année confirme que le cycle de contraction des investissements n’est pas encore terminé. En 2023, seules les entreprises bénéficiant d’un engouement sans précédent pour l’intelligence artificielle générative ont réussi à atteindre le statut de licorne, avec une valorisation dépassant le milliard d’euros.

Bien que cette course aux licornes soit prometteuse en termes de création d’emplois et de rayonnement pour la France, fixer des objectifs ambitieux comme ceux-ci ne permet pas nécessairement de mesurer efficacement la pérennité économique de la French Tech. Pour cela, il serait plus judicieux de viser la création, d’ici 2050, de startups ayant dépassé les $100 millions de revenus récurrents annuels (ARR).

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Des levées de fonds moins importantes mais plus nombreuses

L’une des tendances marquantes de l’année 2023 est la baisse du montant total des fonds levés par les jeunes pousses françaises. Avec un peu moins de €2,3 milliards collectés pour le Top 10 de l’année, contre €3,6 milliards en 2022, on constate une diminution significative des tours de financement les plus importants. Par ailleurs, les méga-tours de table dépassant ou égalant €100 millions ont seulement été une douzaine en 2023, contre une trentaine en 2022 et une vingtaine en 2021.

Cependant, il faut noter que si ces méga-tours deviennent plus rares, le nombre d’opérations de levées de fonds de moindre importance n’a pas diminué. Les levées de fonds en amorçage (seed) et les séries A ont ainsi gagné en popularité, avec 724 opérations en amorçage et 646 opérations pour les séries A recensées en 2023. De plus, la taille médiane des tickets a légèrement chuté, passant à un peu plus de €10 millions contre €15,9 millions l’année dernière et €12 millions en 2021.

Une décentralisation progressive des financements

L’analyse des données montre également une baisse de la concentration des financements en Île-de-France au profit des autres régions françaises. En effet, si en 2023, la majorité des levées de fonds (plus de €5 milliards) a eu lieu dans le bassin parisien, on a toutefois observé une répartition plus équilibrée des opérations entre les différentes régions. Parmi celles-ci, l’Auvergne-Rhône-Alpes s’est distinguée avec €1,7 milliard collectés lors d’une centaine de levées de fonds.

L’année 2023 a ainsi marqué une étape importante pour la French Tech. Malgré la baisse des financements abondants et un essor limité des licornes françaises, le nombre croissant de petites levées de fonds et la décentralisation progressive des financements ont été autant de signaux encourageants pour les startups tricolores.

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